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Retour sur le Linux Collaboration Summit et l'Embedded Linux Conference US

Retour sur le Linux Collaboration Summit et l'Embedded Linux Conference US

Technologies

25/04/2011

Récemment ont eu lieu à San Francisco deux événements annuels dont l'importance ne cesse de croître : le Linux Collaboration Summit du 6 au 8 avril, suivi de l'Embedded Linux Conference US du 11 au 13 avril. Laurent Julliard, directeur du groupe de travail EmSoC de Minalogic, a assisté à ces deux conférences et nous livre ses impressions.

Le Linux Collaboration Summit

Cet événement, qui est accessible uniquement sur invitation, est un lieu de rencontre incontournable pour le noyau dur des principales sociétés et développeurs freelance qui contribuent au développement du système d'exploitation Linux. Environ 350 personnes étaient présentes cette année et la feuille de route technique de quasiment tous les compartiments du noyau Linux ont été abordés : filesystems (en particulier l'optimisation sur les supports de type mémoire Flash ou disque SSD), le scheduling et la gestion mémoire, et dans le même sillage la virtualisation. A noter aussi, plusieurs sessions autour du compilateur LLVM qui pourrait bientôt se présenter comme une alternative à GCC y compris pour la compilation du noyau Linux. Le monde Linux n'échappe évidemment pas au cloud computing, puisqu'une estimation récente indique que 80% de l'infrastructure du cloud computing s'appuie sur le système d'exploitation Linux. Un track complet était réservé aux besoins des infrastructures HPC ou de Cloud et leur impact sur le noyau Linux (filesystems distribués et parallèles, haute disponibilité, allocation mémoire efficace, interconnection RDMA). Michael Rubin, responsable du stockage chez Google, a détaillé la stratégie de stockage de Google sur leurs dizaines de milliers de serveurs Linux et leurs contributions au noyau Linux dans ce domaine.

> Pour plus d'informations, rendez-vous sur le site web du Linux Collaboration Summit

 

L'Embedded Linux Conference

Non moins importante est l'Embedded Linux Conference, évènement totalement dédié, comme son nom l'indique, à l'utilisation et aux évolutions de Linux dans le monde l'embarqué. Cinq faits majeurs émergent de cette conférence :

  • Linux est de plus en plus le système d'exploitation leader dans le monde de l'embarqué, et en particulier dans le monde des terminaux mobiles et de l'électronique grand public en général.
  • Le raz de marée Android, système pour terminaux mobiles de Google basé sur le noyau Linux, ne fait que renforcer cette tendance. Au plus fort du mois de mars, Google a enregistré l'activation (c'est à dire la première utilisation) de près de 350 000 appareils Android par jour, tous types confondus (téléphones, tablettes mais aussi désormais télévisions). Sony présentait d'ailleurs sa première Google TV et son premier media-center basé sur Android.
  • Le consortium Linaro, créé en juin 2010 dans le but de "mettre de l'ordre" dans le processus de développement du noyau Open Source sur l'architecture ARM, était très présent. La création de Linaro est venue à point nommé. En effet, pour faire face à la prolifération d'équipements électroniques en tous genres basés sur les processeurs ARM, il devenait impératif de rendre le processus de développement du noyau Linux aussi efficace qu'il peut l'être sur les architectures Intel et compatibles. Force est de constater qu'en moins d'un an, les 35 personnes détachées à ce jour par les membres fondateurs (ARM, IBM, Freescale, Samsung, STEricsson et Texas Instruments) ont effectué un travail remarquable et très structurant. La feuille de route présentée pour 2011 se focalise à la fois sur l'intégration des multiples variantes des architectures ARM dans un unique noyau Linux (avec en particulier un gros travail sur le device tree et les pilotes) ainsi que sur les processus de release du noyau Linux ARM et de remontée des différents correctifs (patches) en "upstream" c'est à dire vers l'équipe resserrée de développeurs qui opèrent autour de Linus Torvalds. A noter que Linaro devient aussi de facto le point d'entrée pour l'intégration progressive des différentes modifications apportées par Google au noyau Linux pour son framework Android.
  • Intel investit de façon considérable sur le projet Yocto, porté par La Linux Foundation. Yocto, qui s'appuie sur Open Embedded, est une boite à outils dont l'objectif est de faciliter à l'extrême la génération de distribution Linux (système d'exploitation + pilotes + librairies) très compacte pour le monde de l'embarqué en général. A noter que Yocto est multiplateformes et ne se limite en rien à la plateforme Intel. Yocto progresse vite et répond à un véritable besoin pour l'ensemble des sociétés qui travaillent aujourd'hui avec Linux dans le monde de l'embarqué.
  • En février 2010, Nokia et Intel annonçaient joindre leurs efforts pour créer MeeGo, un système totalement Open Source pour terminaux mobiles et multimédia. Malgré le revirement récent de Nokia et sa décision d'adopter Windows mobile sur ses smartphones, Intel continue à travailler sans faiblir sur MeeGo, un excellent indicateur de la volonté d'Intel de monter dans la chaîne de valeur en produisant des logiciels de plus en plus proches de l'utilisateur final. On a pu noter par ailleurs un flottement certain chez Nokia qui, malgré l'annonce de l'accord avec Microsoft, avait envoyé plusieurs orateurs pour rendre compte du travail effectué sur MeeGo et, plus étonnant encore, sur ce qui devrait se faire en 2011. La longue relation entre Nokia et Linux sur l'air de "je t'aime, moi non plus" ne semble pas vouloir s'arrêter...

> Pour plus d'informations, rendez-vous sur le site web de l'Embedded Linux Conference

 

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